Le Parolier rencontre...
Maryse Letarte

Troisième partie : Rita-Rita






Le Parolier : Et c'est de là que provient ce fameux nom de Rita-Rita ! Mais les déguisements... ?

Maryse Letarte : C'est venu bien après pour les besoins de la cause. J'avais l'impression que je n'étais pas assez flamboyante pour faire ce métier telle que je suis. Je me trouvais trop ordinaire. Ça a donc débuté par des chapeaux, par la suite des faux cils, des mini-jupes, une perruque, etc. Et finalement le personnage a été créé. Mais il n'a pas eu le temps d'évoluer... Le vidéo (Je suis down) était plus bonbon, plus plastique que je ne l'aurais imaginé. Moi, j'imaginais une Barbie de l'espace, mais un peu plus barjot, plus alternative. Ça a viré plus "yéyé" que prévu. Comme il n'y a pas eu de suite, pas d'autres clips, pas d'extraits, "Rita-Rita" est restée comme ça, comme le clip "Je suis down".


Maryse et Bernard Nadeau

L.P. : " Je suis down " a été un grand succès à la radio. Vous étiez en avance sur votre temps avec votre style yéyé, rétro...

M.L. : C'est vrai. Mais mon album Rita-Rita était psychédélique, pas vraiment yé-yé. C'est mon style vestimentaire qui l'était. C'est drôle car à l'époque de "Je suis down" ma plus grande fan était Véronique Cloutier. Lorsqu'elle présentait le clip à Musique Plus, elle criait et sautait partout. Je ne pouvais pas avoir plus belle publicité ! Lors de son émission d'adieu à Musique Plus, elle a présenté mon clip comme étant le meilleur clip de tous les temps !!! Elle disait : "Ceux qui me connaissent savent à quel point j'ai dansé en présentant ce vidéoclip-là !". Aujourd'hui, bien des années plus tard, son émission "La Fureur" est un peu dans ce style-là. Qui eu cru que le yé-yé ferait à ce point un retour ?

L.P. : Si je comprends bien, c'est une série d'incidents qui ont amené le personnage de "Rita-Rita" tel qu'on l'a connu à Musique-Plus. Ce personnage a duré combien d'années ?

M.L. : Il n'y a presque pas eu de spectacles... j'ai fait les FrancoFolies, la première partie de Jean Leloup, quelques apparitions télé ici et là... Mais ce qui est resté dans l'imaginaire, c'est surtout le clip. Le jour où j'ai fait le clip a été déterminant... c'est-à-dire comment j'ai décidé de danser et de m'habiller ce jour-là. Si le personnage avait duré, ça aurait été bien d'autre chose. Mais ce ne fut pas le cas... la compagnie de disque a fermé ses portes. Le personnage a duré environ deux ans.

L.P. : Comment voyez-vous l'album "Rita-Rita" avec le recul ?

M.L. : C'est difficile à dire car il n'y a rien eu entre "Rita-Rita" et aujourd'hui. Je n'aime pas faire le lien entre les deux. J'aurais dû faire deux ou trois disques entre les deux et à ce moment-là, je n'aurais pas de problème avec ce disque. En dix ans, une personne évolue beaucoup ! J'aime mieux voir ça comme un essai... c'était un projet-concept, j'ai fait mes premières armes avec ça. Ma carrière d'auteure-compositeure- interprète commence avec l'album "En dedans".