Le Parolier rencontre...
Jean-Michel Bartnicki

Troisième partie : Les textes de chansons




Le Parolier : Et comment en êtes-vous venu à écrire des textes de chansons ? Est-ce que cela s'est imposé de soi ? Est-ce le hasard ?

Jean-Michel Bartnicki : Je dirai avec le recul que je commence seulement depuis quelques mois à comprendre le délicat travail d'écriture d'une chanson. Monsieur Jehan Valiquet m'a offert lors de notre rencontre à Paris au mois de décembre 2001 un livre tout à fait remarquable écrit par Robert Léger et préfacé par le regretté Sylvain Lelièvre intitulé "Écrire une chanson" aux Éditions Québec Amérique. Je dévore ce livre, une mine d'informations pertinentes, de conseils judicieux. Serge Gainsbourg affirmait qu'écrire une chanson était pour lui un art mineur mais quant à moi je préfère rejoindre le point de vue de Louise Forestier lorsqu'elle dit que : "La chanson n'est pas un art mineur, c'est un art de miniature".

Robert léger affirme aussi que "Toute bonne chanson doit se résumer en une seule phrase". Je suis tout à fait d'accord. Il n'y a pas encore si longtemps que cela, je ne me souciais absolument pas de la longueur de mon texte ayant en ce sens une démarche d'écriture plus poétique. Or, un texte de chanson ne doit pas dépasser soixante vers et au minimum en avoir vingt ce qui correspond à une chanson de trois à cinq minutes.

Écrire une chanson n'a rien à voir avec l'écriture d'une poésie. Cela demande paradoxalement beaucoup plus de rigueur que l'écriture d'un poème où la liberté d'écriture est plus importante en général, je dis bien en général. Le hasard de mes contacts sur internet a été beaucoup dans mon choix d'aller plus à présent vers la création de chansons. Cela me passionne. Je suis dans une autre dimension quand j'écris une chanson et c'est le bonheur absolu que de me retrouver plonger dans mes histoires avec mes personnages réels ou fictifs. Le plus difficile est de dire en peu de mots des choses essentielles, profondes. Je ne suis pas musicien mais quand j'ai terminé mon texte, je le fredonne, enregistre ma voix de casserole souvent d'ailleurs avec le même air. Je prends aussi ma guitare et je chantonne en ne connaissant que deux accords. Spectacle comique assuré car je marmonne, bougonne aussi sentant bien que tel mot n'est pas le bon, que tel rime est difficilement chantable. Je suis conscient de tout cela à présent, de la musicalité que doit apporter les paroles d'une chanson. Sentir la musique qui pourrait accompagner le texte est essentiel. Tout cela est fort subjectif et j'ai encore beaucoup à apprendre. La modestie est mon moteur avec le plaisir de l'écriture.


L.P. : Comment êtes-vous entré en contact avec Monsieur Jehan Valiquet ?

J.M.B. : Je suis entré en contact avec Monsieur Jehan Valiquet tout à fait par hasard peu de temps après avoir lancé mon site. Il possède aussi son site et c'est en "surfant" sur la toile à la recherche de sites musicaux que j'ai découvert son existence. Je me suis permis de le contacter et depuis nous sommes toujours en relation. Je n'oublierai jamais qu'il m'a édité pour la première fois me donnant ainsi ma chance, lui qui travaille avec des artistes d'une toute autre notoriété que la mienne quasi inexistante, il faut bien le dire. Mais me retrouver dans ses coups de coeur sur son site en compagnie par exemple d'Isabelle Boulay est un grand honneur. Il y a des choses qui ne s'oublient pas, vous savez. Je veux être à la hauteur de son intérêt et de sa confiance . Mais le plus difficile reste à faire : me faire un nom ! Car il faut être honnête, très peu de gens me connaissent et c'est tout à fait normal.

L.P. : Suite à votre rencontre avec Monsieur Valiquet, un nouveau recueil a été édité.

J.M.B. : Mes poésies et mes chansons ont été tout d'abord proposées au comité de lecture de la maison d'édition parisienne "iDLivre". Je sais qu'elles ont fait l'unanimité ce qui est rare. Par la suite, ma maison d'édition est entrée en contact avec Jehan et il a été alors question de faire ce CD promotionnel avec des artistes français et québécois peu connus mais talentueux qui ont accepté d'enregistrer quelques-uns de mes textes. Imaginez ma joie ! Ce sont les voix de mon âme peut-être pour m'entraîner sur la voie du succès mais rien n'est moins sûr. Je suis conscient d'entrer dans un monde en fait très fermé avec ses propres lois où je vais aussi déranger car je peux être aussi considérer comme un rival par certains... Je suis enthousiaste mais j'ai aussi les pieds sur terre et suis détaché par rapport à ce qui m'arrive car écrire des chansons n'est pas mon véritable métier. C'est avant tout une passion, un plaisir. Je suis tranquille, serein.

Mais si je m'appelais par exemple Jean-Michel Plamondon, cousin très éloigné... Mes chansons seraient déjà connues du public. (Rires) Vous comprenez ? Mais je ne suis que Jean-Michel Bartnicki.

Ce CD est d'ailleurs encore actuellement offert pour tout achat de mon recueil et croyez-moi c'est vraiment un véritable cadeau car son élaboration a demandé beaucoup de travail.

Je me dois ici de remercier nominativement toutes celles et tous ceux qui ont eu un coup de coeur pour mes textes, passant du temps à concevoir des orchestrations et à les chanter. C'est merveilleux, vous savez et je n'ai pas de mots pour décrire ma joie.

Allons-y si vous me le permettez... Mario Campanozzi qui fut le premier à travailler sur l'une de mes chansons, en l'occurrence "Tu n'auras pas le temps" dont le texte a été classé second par les votes des internautes sur le site de la chanson du mois. C'est un hommage que j'ai écrit pour parler de ma peine suite au décès de l'une de mes belles-soeurs partie beaucoup trop tôt. Les plus belles chansons viennent du coeur, du plus profond de soi. Écrire sur du ressenti est très important.

Puis tout s'est enchaîné comme dans un rêve avec d'autres compositeurs, chanteurs et chanteuses comme Jean-Hervé Perrot qui est celui à ce jour qui a composé le plus sur mes textes mais aussi Marie-Josée Choquette, Christine Davi, Guy Grammens, Yolande Ambiana, Mélanie Lachance et Michelle Lavallée. Tous ces artistes ont permis la sortie de ce CD promotionnel. Bonheur total...

Je le répète, je suis particulièrement ému et je leur dois beaucoup. Tous ces contacts sont pour la plupart liés au hasard des rencontres faites sur le net.


L.P. : Quelles sont les réactions du public face au recueil et au disque ?

J.M.B. : Ma maison d'édition m'a informé il y a quelques semaines qu'il y avait une commande de mon recueil "Rendez-vous" au Québec. Cela suppose sûrement que les ventes sont plus que correctes en France. Ma maison d'édition doit aussi réimprimer mon livre. Je suis très heureux car elle a pris un risque financier en m'éditant alors que je ne suis pas connu ou très peu. Qui plus est, qui édite de la poésie aujourd'hui ?

Je voudrais remercier Mesdames Florence de Demartino, Nadéra Be laïd et Line Pasteliniac d'Idlivre qui viennent de fêter les deux ans d'existence de leur maison d'édition parisienne. Je voudrais les remercier pour leur confiance, leurs initiatives car c'est un travail d'équipe et sans toutes ces personnes déterminées et compétentes, je n'en serai pas là aujourd'hui.

On ne se réfère bien souvent qu'à des poètes morts certes talentueux mais c'est comme si la poésie n'avait pas le droit d'être vivante aujourd'hui avec des auteurs contemporains encore de ce monde. C'est très curieux. La poésie a de l'avenir, croyez-moi car les gens ont besoin d'authenticité, de profondeur de sentiments, de sincérité et d'amour.

Je n'aime pas trop parler, par pudeur, des réactions des gens que ce soit des professionnels, des critiques ou des lecteurs (les plus importants). Mais le mieux est d'aller consulter les messages que je reçois d'un peu partout et plus particulièrement du Québec et que je place sur mon livre d'or. Vous pouvez aussi prendre connaissance de ce que pensent les gens de mes poésies et de mes chansons sur différentes sites comme Ramdam ou Amazone par exemple. La rédaction de Ramdam m'a, par exemple, consacré un très bel article.

Mais les journalistes de la presse régionale locale "Nord Éclair" et "La Voix du Nord" m'ont aussi interviewé plusieurs fois. Leurs différents articles sont lisibles sur mon site.

Le succès est quelque chose qui se mérite. Pour le moment, j'ai certes beaucoup de cartes dans les mains mais tout peut très bien s'arrêter là. Il faut bien en être conscient. Je suis confiant mais aussi très lucide.


L.P. : Comment vous sentez-vous face à toutes ces nouveautés ?

J.M.B. : Sur un nuage mais aussi très épanoui et de plus en plus ! Mais ce nuage est relié à la terre par un fil très fragile, je peux très bien aussi y retomber très vite.