Le Parolier rencontre...
Jean-Michel Bartnicki

Deuxième partie : Le site web




Le Parolier : Comment a débuté votre site internet ? Pourquoi avoir mis sur pied ce site ?

Jean-Michel Bartnicki : Au mois d'avril 1998, j'ai effectué un stage de quatre jours organisé par l'Éducation Nationale à Roubaix, là où j'enseigne à des élèves de 8 à 9 ans en cours élémentaire deuxième année. Ces quelques jours m'ont aidé à comprendre le principe de création de site essentiellement sur Macintosh. J'ai tout de suite été fasciné par cet outil de communication fabuleux, par sa modernité. Le soir, j'ai continué à étudier seul et tout naturellement j'ai eu envie de créer mon propre site dont je me rends aujourd'hui compte de ses évidentes imperfections mais je ne suis pas informaticien. J'ai essayé de faire un site convivial qui soit en mon image, en laissant un important espace aux autres d'où la création de cette chaîne de l'amitié entre artistes et la possibilité qu'ont aussi les gens de publier un poème ou deux sur mon livre d'or. M'ouvrir sur le monde, sur les autres pour développer des liens d'amitié, m'enrichir grâce aux messages reçus est un formidable moyen d'épanouissement.

Quatre ans après le lancement de mon site, me voici édité mis en musique et chanté. C'est tout à fait hallucinant car inespéré. Rien ne serait arrivé sans internet car je n'avais pas du tout de contact dans le monde de l'édition littéraire et musicale.

Mais avant tout j'ai lancé mon site pour me faire plaisir sans objectif particulier à la base. Tout ce qui est arrivé par la suite a été si inattendu qu'aujourd'hui encore je suis un peu dépassé par ce qui m'est arrivé mais aussi très fier et si heureux.


L.P. : Vous avez débuté votre site pour le plaisir d'écrire et de partager et maintenant, vous êtes édité. Quel chemin avez-vous emprunté pour en arriver à ce que vous en êtes aujourd'hui, je veux dire, à être édité ?

J.M.B. : En 1999, j'ai auto-édité un petit recueil de poésies et de chansons "Notre monde est une petite Terre vierge" en y insérant avec son autorisation l'un des messages d'Yves Duteil qui m'avait fait l'honneur de m'écrire deux fois par voie postale, séduit par mes textes et m'encourageant à forcer le destin pour aller vers le public.

J'ai investi un peu d'argent pour faire ce recueil en m'adressant à une maison d'imprimerie lilloise pour le tirage. J'avais tout fait moi-même; mais il fallait bien passer par un imprimeur qui n'avait plus qu'à utiliser ma disquette pour assembler mon livret. Et quel bonheur, quelques jours après, d'avoir entre mes mains mon premier recueil ! J'avais mon "bébé" entre les mains si on peut dire...

J'ai ensuite contacté la presse régionale locale pour leur parler de ce livre. J'ai eu droit à quelques articles. Non seulement je suis rentré dans mes frais mais j'ai aussi fait quelques bénéfices, très modestes, mais mon objectif était ailleurs. Je voulais avant tout me faire plaisir et partager mes écrits en toute modestie et sûrement avec un peu d'inconscience car je savais très bien que je serais critiqué, mais cela faisait partie du jeu.

J'ai réitéré l'expérience de l'auto-édition en janvier 2001, j'ai sorti mon deuxième recueil "Comme un chant d'amour" préfacé par la romancière française à succès Annie Degroote qui avait apprécié mes textes et accepté fort gentiment de préfacer ce second ouvrage un peu plus conséquent que le premier. Là aussi malgré un faible tirage, j'en ai vendu pas mal. Mais surtout, je commençais à prendre conscience que ce que j'écrivais plaisait.

L'auto-édition permet de tout gérer soi-même en quelque sorte, d'être son propre éditeur. Il ne faut pas confondre l'auto-édition avec une publication à compte d'auteur. Ce type de publication est de l'arnaque littéraire, le miroir aux alouettes.

Mais vous allez sûrement me demander pourquoi ce désir d'auto-édition ?

Avant tout pour le plaisir de concevoir un livre de A à Z dans les moindres détails. C'est absolument passionnant. Puis il y a ce sentiment très étrange de laisser son empreinte, certes modestement, mais aussi comme un défi au temps qui passe car un livre ne vieillit pas. Son auteur, oui.

Enfin si j'ai sorti mes deux recueils c'est aussi dans l'espoir de me faire de nouvelles relations pour aller vers les autres et me faire de nouveaux amis. L'écriture comme un tremplin, une passerelle affective. Vous voyez ?

À cette époque, je ne pensais pas du tout, ou alors de manière très floue, à être mis en musique et chanté. Y penser m'aurait d'ailleurs paru totalement irréaliste, inconcevable.

Avant tout je voulais me faire plaisir. Suite à un important problème de santé qui m'a contraint à stopper toute activité sportive et notamment le tennis que je pratiquais depuis mon plus jeune âge à un bon niveau. Mais tout va bien à présent. Cependant je ne peux plus pratiquer de sport violent comme le tennis. J'ai remplacé le sport par l'écriture...