Le Parolier rencontre...
Jean-Claude Boudreau

Troisième partie : Les préparatifs du premier disque




Le Parolier : Les débuts de la préparation de votre premier album débutent donc en 1998 ?

Jean-Claude Boudreau : J'ai commencé à y réfléchir, à le mettre sur papier à cette époque. J'ai passé à l'acte vers l'an 2000.

L.P. : Avec le Boum Ding Band, vous avez sûrement réussi à vous forger quelques contacts ?

J.C.B. : Oui... mais ça n'a pas porté fruit. J'ai fait des envois et je n'ai pas eu de réponse. C'est peut-être une question de style ? Je n'ai pas encore trouvé un producteur intéressé ou une compagnie de disque. Peut-être que ça viendra...

L.P. : C'est pour ça que vous vous produisez vous-même ?

J.C.B. : C'est ça. À force de ne pas trouver personne... Je me suis acheté une maison à Dunham en l'an 2000 et je me suis installé un petit coin au deuxième étage. Je me suis dit : " Bon, personne n'est intéressé, je vais le faire moi-même ". Avec les studios à 100 $ l'heure, sans subvention... il le fallait bien !

L.P. : Comment vous sentez-vous là-dedans ? Avec le Boum Ding Band, vous étiez quatre, et maintenant, vous êtes vraiment seul.

J.C.B. : J'aime bien ça. Je me suis rendu compte que j'avais de quoi livrer, comme une espèce de flambeau à porter moi-même. J'avais besoin de me le prouver à moi et aux gens de l'industrie. Ce qui n'est pas encore suffisamment fait.

L.P. : Avez-vous rôdé l'album en spectacle ?

J.C.B. : Non, j'en suis rendu là. J'ai fait quelques demandes... mais je n'ai pas d'agent de promotion. Je prépare tout moi-même, mon kit de presse, mes démarches.

L.P. : Vous jouez de quels instruments ?

J.C.B. : Mon instrument principal est la guitare. Sur mon disque, j'ai joué de la base et j'ai fait toute la programmation car je n'avais pas de musicien. La programmation a été faite avec un séquenceur. Ça sonne bien.

L.P. : Lorsque l'on écoute votre album, on y décèle certaines similitudes avec Michel Fugain, Sylvain Cossette... quelles sont vos influences ?

J.C.B. : Ce sont des artistes que j'aime bien. J'interprète depuis déjà longtemps "Une belle histoire" de Michel Fugain. J'aime bien Garolou ainsi que Jim et Bertrand. J'ai adoré "La belle des champs".

L.P. : Vos influences semblent être très années 1970, très guitare...

J.C.B. : J'aime bien les guitares. Sur mon disque, on n'entend pas vraiment de solos à l'emporte pièce. Mais en spectacle, ce sera plus dynamique, ce sera autre chose !

L.P. : Votre disque "Oui, c'est vrai " est disponible depuis 2001... mais il n'est toujours pas connu. Comment vous sentez-vous vis-à-vis de ça ?

J.C.B. : Je trouve ça long et pénible, des fois j'ai le goût de tout laisser ça parce que ça ne débouche pas. J'aimerais faire quelques spectacles dans des endroits où je me sentirais bien. Je veux jouer avec des musiciens qui vont comprendre ce que je fais. Mais ça s'en vient, je le sais... j'ignore comment ça va se faire exactement, de quelle façon ça va se traduire... mais ce sera bien fait.

L.P. : Je reste un peu perplexe face à des situations comme la vôtre. Lorsque j'écoute une chanson comme "Un baiser d'elle", j'y entends la voix de Sylvain Cossette et je me dis qu'elle pourrait connaître un bon succès radiophonique...

J.C.B. : Je demande qu'à te croire ! Quand tu me dis des choses comme ça, je me dis que dans le fonds, ça pourrait intéresser une compagnie de disque. Mais j'ai tellement fait de démarches qu'à un moment donné, j'oublie ça...

L.P. : Vous nagez donc dans le flou...

J.C.B. : Oui. Je ne sais pas ni comment, ni qui, ni quand... mais j'ai de l'énergie et je désire le faire et j'imagine qu'en poussant je vais trouver des gens qui voudront bien m'aider.

L.P. : Il y a aussi votre carrière de comédien...

J.C.B. : Oui, mais ça ne va pas aussi vite que je le voudrais. Mais ça se développe, j'ai eu quelques rôles intéressant dernièrement.

L.P. : Comme comédien, avez-vous un agent qui vous représente ?

J.C.B. : Non, je n'ai pas d'agent pour ça non plus... je n'arrive pas à en trouver. Comme ma formation n'est pas officiellement complète... j'ai pris part à quelques ateliers et j'ai débuté à l'Université de Moncton sans l'avoir terminé et je le regrette un peu. Lorsque tu complète l'École de Théâtre, tu as toujours des auditions générales à la fin des cours où les étudiants s'y produisent et il y a toujours des agents qui y assistent pour en faire le recrutement. Mais moi, comme je ne sors pas d'une école, c'est plus difficile d'être vu. Mais à force de participer à des émissions de télévision, je vais sûrement me trouver un agent... j'en aurais de besoin éventuellement pour négocier mes cachets.

L.P. : De quoi vivez-vous lorsque vous n'avez pas de contrat en tant que comédien ou chanteur ?

J.C.B. : C'est difficile... Mais lorsque tu fais un contrat de télévision, c'est quand même assez payant. Et... j'ai une blonde qui est très gentille et qui comprend ma situation ! (Rires)