Le Parolier rencontre...
Jean-Claude Boudreau

Première partie : Les débuts




Le Parolier : Vous êtes originaire de St-Jean-sur-Richelieu ?

Jean-Claude Boudreau : Je suis né à Québec mais j'ai passé mon enfance à St-Jean-sur-Richelieu.

L.P. : Lorsque l'on observe votre carrière jusqu'à présent, on constate que vous avez touché au théâtre, au mime, à la musique... vous êtes un touche à tout ! Comment est-ce que cela a débuté ?

J.C.B. : Mes parents sont acadiens... lorsque j'allais chez ma grand-mère au Nouveau-Brunswick, lors des partys, on y jouait de la guitare. Un jour, j'ai essayé de l'apprendre et d'accompagner mes oncles et je me suis rendu compte que j'avais du talent. J'ai appris sur le tas, sans prendre de cours.



L.P. : Lorsque vous étiez jeune, saviez-vous que vous alliez devenir un artiste ?

J.C.B. : Oui. Plus jeune, j'avais comme un problème d'identification, je me sentais toujours à part des autres, j'avais de la difficulté à faire partie des cercles sociaux. Un moment donné, j'ai eu un besoin de me retirer et d'écrire. À partir de ce moment je me suis dit : " Bon, c'est ça que je veux faire". Du moins, que j'essaie de faire... car mon but n'est pas encore atteint.

L.P. : Lorsque vous vous remémorez votre jeunesse, quels souvenirs musicaux avez-vous en tête ?

J.C.B. : J'ai adoré les Beatles. Moi j'ai appris la musique en écoutant leurs disques, j'ai grafigné plein de disques à la maison pour apprendre les chansons par coeur, écouter les arrangements, les paroles... Je jouais dans les parcs et je montrais les chansons à mes amis : " Regardez, je connais telle chanson ! ", assis sur une caisse de bières ! (Rires)

L.P. : Comment avez-vous débuté ?

J.C.B. : Au début je composais en anglais. J'étais membre d'un groupe qui s'appelait " Bagdad Beat " à St-Jean-sur-Richelieu. Nous étions un trio comme " The Police ". À cette époque j'ai commencé à me poser la question : " Pourquoi est-ce que je compose en anglais ? ". En réponse à ça, j'ai écrit en français et je me suis rendu compte que c'est là que j'arrivais à décrire ce que je ressentais.

L.P. : Et vos études ?

J.C.B. : J'ai étudié un peu le théâtre à l'Université de Moncton... mais je n'ai pas terminé mes études. L'appel de la musique m'a amené à Montréal.

L.P. : Vous avez fait l'École Nationale de Cirque ?

J.C.B. : Oui. C'était au Théâtre de la Grosse Valise à Montréal. J'ai suivi des cours de pantomime et de gestuelle. C'était des ateliers, du théâtre très physique.

L.P. : Qu'est-ce qui vous attirait dans ce domaine ?

J.C.B. : J'aime la scène. J'aime me donner, suer et me garrocher sur la scène. Mais en même temps, je suis quelqu'un de très réservé, très chez-moi, très maison, très famille. Mais lorsque je joue, je sais qu'il y a quelque chose qui déborde, il n'y a pas que la musique. Donc, le théâtre me permet de perfectionner mon jeu.