Le Parolier rencontre...
Gaëtane Breton

Quatrième partie : Les Grondeuses et Poiléplume




Le Parolier : En 1996, vous avez fondé le trio "Les Grondeuses". Parlez-nous de ce trio, de son répertoire, de ses membres et de votre implication.

Gaëtane Breton : J'ai formé le trio les Grondeuses à la suite d'un concert que j'avais vu des Charbonniers de l'Enfer. Les Charbonniers, ce sont cinq voix d'hommes qui interprètent des chansons traditionnelles sans instruments de musique. Quand je les ai entendus j'ai été sur le choc, alors je me suis dit "Pourquoi ne pas faire la même chose avec des voix de femmes ?". J'ai approché tout d'abord mon amie Dorothée Hogan, pianiste, qui a accompagné pendant des années Philippe Bruneau notre grand accordéoniste québécois. Elle a accepté tout de suite l'idée de former un groupe de femmes. Par la suite j'ai approché Lise Lebeau qui a accepté aussi de s'impliquer dans le projet. Elle est restée un an dans le groupe et par la suite Gisèle Savaria (guitariste et chanteuse) l'a remplacée. Mais tout d'abord il a fallu trouver un nom, c'est finalement Dorothée qui a proposé "Les Grondeuses". La Grondeuse, à l'origine est un reel québécois qui contient un "bourdon" dans sa mélodie. On a trouvé l'idée fort intéressante étant donnée que l'on voulait parler du parcours des femmes et leurs revendications à travers la chanson traditionnelle tout en grondant pour le plaisir. Nous avons eu notre premier spectacle lors de "La Grande Rencontre de la musique traditionnelle" en juin 1996. Un bon succès. Et depuis les Grondeuses n'ont jamais cessé de travailler à améliorer leur style même si j'ai quitté depuis trois ans. Je les ai encouragées à ne pas abandonner le groupe mais à me remplacer. C'est Violaine Poudrier qui joue maintenant ce rôle. Nous avons aussi ajouté une jeune violoniste très talentueuse : Claudine Arcand.

L.P. : Qu'est-ce qui a amené votre départ des Grondeuses ?

G.B.. : Tout simplement mon déménagement en Angleterre. Il était impossible de répéter à distance.



L.P. : Vous avez réalisé un vieux rêve en produisant l'album "Sur les traces de Poiléplume" en 2000. Parlez-nous de ce disque, du personnage ainsi que des collaborateurs pour l'album.

G.B. : Oui, c'est un vieux rêve de près vingt ans, la réalisation de l'album "Sur les traces de Poiléplume". Il en faut de la patience quelque fois dans la poursuite de ses rêves ! C'est mon ancien partenaire Richard Cyr qui me racontait ce conte de Poiléplume qui venait à l'origine de sa famille. Poiléplume est un vieux conte traditionnel dont on a perdu les origines "dans la nuit des temps" mais la famille Cyr a toujours conservé l'histoire depuis des générations. Cette histoire m'a tellement fascinée que je me disais qu'elle plairait à d'autres aussi. Alors quand Jacques Gagné, producteur de la maison ToutCrin, m'a proposé de faire un album, je lui ai suggéré cette idée de faire quelque chose autour de ce personnage fantastique. Il a aimé l'idée et on a décidé que Poiléplume ferait le titre du prochain album. C'est Jacques aussi qui a approché Marc Larochelle pour lui demander d'écrire les chansons en collaboration avec Francine Beaudry à l'écriture et aux arrangements.

Et pour l'enregistrement nous avons eu la chance d'avoir des musiciens de grand calibre tels que Chantal Simard (Répercussions) aux percussions, Vladimir Sidorov un des grands accordéoniste russe, fraîchement immigré au Québec, Louis-Simon Lemieux à l'harmonica, jeune harmoniciste qui promet et bien connu du milieu folkloriste et comme choristes nous avions en autres Sylvie Dumontier qui est l'interprète de l'album pour enfants "Shilvi".