Le Parolier rencontre...
Dominic Clément

Quatrième partie : Ça t'tenterais-tu ?




Le Parolier : L'album "Ça te t'enterais-tu ?" a été lancé en avril 2001. Quel a été la réaction du public face à celui-ci ?

Dominic Clément : J'ai fait mon lancement au Petit Medley, mes chums, des connaissances, des gens de l'industrie y étaient. L'accueil était parfait.

L.P. : Vous avez fondé votre propre compagnie avec votre frère François : " Le Frère de l'Autre ". Pourquoi ?

D.C.. : Lorsque l'on on allait voir les compagnies de disques et on nous disait : "C'est ça... mais ce n'est pas tout à fait ça...". Ces gens-là, lorsqu'ils investissent de l'argent, ils veulent que tout soit fait, il faut que tu aies ton marché et ton public. On s'est donc dit : " On va faire un " single " avec de bons musiciens dans un bon studio ". On a fait 500 copies, on s'est engagé un agent de promotion, on a envoyé les disques à toutes les stations de radios et on a " tracké " avec cette chanson-là (Ça t'tenterais-tu). Ensuite, une tournée d'une quinzaine de spectacles en Gaspésie, en Beauce, en Estrie, en Outaouais et même à Hearst dans le nord de l'Ontario. Par la suite, on est retourné voir les compagnies de disques. Ça commençait à faire leur affaire, mais... il manquait tel ou tel truc. Alors on obéissait et on faisait et refaisait leurs demandes.



Mais finalement, quand tu as fait tout cet ouvrage-là, que tu as tout créé, il te manque quoi ? 20 000 $ pour faire un album ? C'est tout ce qu'ils vont mettre comme effort ??? Ensuite, ils vont faire un succès et vont te payer 1 $ par album après les 10,000 copies vendues ? On s'est donc dit : " On va trouver le 20 000 $. Y'a des gens qui croient en nous ? ". On l'a ramassé et l'album a été créé. Et ça... ça n'a pas fait l'affaire des compagnies. À partir de ce moment, il commencent à te mettre des bâtons dans les roues !

On s'est engagé un agent de promotion, celui qui a fait Notre-Dame-de-Paris, Francis Cabrel, Lara Fabian et Mario Pelchat. Ce n'était pas encore assez pour que mes chansons tournent à la radio ! Car on a tout fait nous mêmes, on a créé la compagnie " Frère de l'autre " et on n'a pas engagé le réalisateur qui coûte 100 000 $. On ne l'avait pas cette argent-là !

L'album sonne bien, il est correct, le public l'aime. Ce disque a été notre choix et on contrôle notre patente. On fait plus d'argent lorsque l'on vend le disque car on est payé à la première copie vendue. Si je viens à bout de vendre 30 000 copies, au prix où l'on est payé, il va nous en rester pas mal plus ! Mais ça... je ne crois pas que ce soit pour tout de suite ! (Rires)




L.P. : Sur l'album, vous vous êtes payé d'excellents musiciens...

D.C. : On s'est payé de bons musiciens. Dominic Romanelli, Gilbert Fradette, Danny Renallo, Olivier Demers... ce sont des musiciens professionnels, ce sont des gars de talent. Ce ne sont pas des gens que je connaissais avant. On est allé les voir en leur disant : " C'est ça les tounes, on a tant de budget " et ils ont trippé. Ce n'est pas de la musique qu'ils font souvent, des chansons plus folk un peu à la Richard Séguin. Beaucoup de guitare, de drums, de piano.

L.P. : Et Claude McKenzie ?

D.C. : J'ai travaillé quelques années avec les autochtones, avec différentes organisations pendant trois ans. J'étais technicien de son et des fois interprète dans la traduction simultanée. Je l'ai rencontré quelques fois à cette époque. Quand est venu le temps de faire l'album, y'avait la chanson " Niminindan " qui parle de la paix entre les deux cultures. Ce que je désirais faire c'était de donner de la crédibilité à la chanson. C'est bien beau de voir un blanc chanter ça, mais pour les autochtones, est-ce que ça fait leur affaire ? J'ai été voir Claude et lui ai demandé de venir la faire avec moi et il a accepté. Tu sais, il n'y a pas des tonnes de chanteurs autochtones connus.. y'a Claude McKenzie, Florent Vollant...