Le Parolier rencontre...
Dominic Clément

Deuxième partie : La carrière débute




Le Parolier : À quinze ans, vous avez commencé à jouer de la guitare, à faire des spectacles. Étais-ce simplement pour vous amuser ou visiez-vous une carrière ?

Dominic Clément : Je voulais faire une carrière. Mais c'était très vague. Je sentais que j'avais des choses à dire. Mais, je ne voulais pas être une " star ". J'avais le sentiment que lorsque je jouais de la musique, ça me permettait d'évacuer mon agressivité, mes peines et des autres choses comme ça. Ça a été comme une bouée. C'est lorsque je suis parti de chez-nous que j'ai retrouvé un "feeling", j'évacuais...

L.P. : Quand le démarrage s'est-il vraiment fait ?

D.C. : Lorsque j'étais au club de l'âge d'or, j'étais payé 25 $ pour la soirée où je chantais cinq heures sans m'arrêter. Ensuite, j'ai été dans les bars où j'étais payé 50 $, " bar open ", on prenait deux bières et les genoux nous claquaient ensembles ! Je ne faisais pas beaucoup d'argent. Après, j'ai joué avec des musiciens plus vieux que moi, j'ai appris à jouer avec eux. C'était un groupe des Îles de la Madeleine, ils étaient professeurs à la polyvalente de Maniwaki depuis une vingtaine d'années. Ils reprenaient des chansons de la Bottine Souriante. J'ai appris à jouer avec eux, j'ai découvert d'autres genres de musique. Pendant six années, j'ai joué à temps plein dans les bars les vendredi et samedi. Je faisais de belles paies !



L.P. : Par la suite, il y a eu le concours à Radio-Canada en 1993, "Tout nouveau, tout chaud".

D.C. : Dans ce temps-là, je jouais dans les bars, ce qui fut une bonne école. Lorsque tu joues dans un endroit où il y a un paquet de gars saouls qui ne t'écoutent pas, tu développes des trucs pour capter l'attention. J'ai commencé à écrire des chansons à l'âge de 18 ans. Je n'avais pas grand chose à dire, mais je découvrais que je pouvais écrire ! Mon entourage m'a encouragé à m'inscrire au concours et j'ai gagné le premier prix, celui de l'auteur-compositeur-interprète avec "Le mariage". Je parlais de mariage à 18 ans et je n'y connaissais rien ! C'était humoristique, un peu dans le style que je fais aujourd'hui mais moins élaboré. Ensuite, je n'ai pas écrit beaucoup.

À l'âge de 22-23 ans, j'ai arrêté la musique. Je me suis dirigé vers autre chose. Je me suis équipé d'un petit studio d'enregistrement. J'étais écoeuré de jouer de la musique dans les bars, j'en avais assez. J'avais commencé à prendre un coup et je n'avais plus de "fun". Depuis le concours à Radio-Canada, je n'avais plus le goût d'écrire... j'ai senti que je n'avais pas grand chose à dire, peut-être parce que je manquais de vécu ? Donc, à 22-23 ans, je me suis dirigé vers la production : des jingles publicitaires, enregistrements d'albums country, de musique pour le théâtre. À travers ça, je me suis marié et séparé.

En 1999-2000, j'ai vu une annonce pour le Festival de la Chanson de Granby. J'ai recommencé à écrire, il me restait un mois et je n'avais aucune chanson. J'ai écrit trois " tounes " et je les ai envoyées à la date limite. Par la suite, j'ai fait une audition et j'ai fait les semi-finales. C'était parfait pour moi, ça me permettait de me remettre dans le bain. Et c'est depuis ce temps que j'ai recommencé à écrire et à vouloir le faire de façon professionnelle.