Omer Dumas

(1889-1980)

Violoneux et compositeur

Le 9 juillet 1980, à l’âge de 91 ans, décédait à Montréal, Omer Dumas, violoniste, directeur de l’ensemble des Ménestrels du Réveil Rural, émission du midi à la radio de Radio-Canada dans les années quarante, pour les agriculteurs, pendant 28 ans, de 1939 à 1967. Les plus âgés se souviendront des paroles du thème de l’émission :«C’est le réveil de la nature, tout va revivre au grand soleil...» poème d’Alfred Desrochers (père de Clémence) sur une musique d’Oscar O’Brien. "La Bastringue" était le thème des Ménestrels.

Omer Dumas, natif de St-Antoine-Abbé, dans le Rang des Dumas, a vécu son enfance à Sainte-Martine, où déjà à l’âge de sept ans, il jouait du violon «à l’oreille», pour faire danser les sets carrés lors des noces et des soirées familiales. Ce n’est que plus tard, à l’âge de 17 ans, déménagé à Montréal avec sa famille, dans la paroisse Saint-Henri, qu’il suivit des cours de violon. Il commença sa carrière musicale en jouant dans les cinémas, accompagnant les films, de musique appropriée, jusqu’à la venue du cinéma parlant vers 1929. Avec quelques musiciens, dans les années 1920, il joua à l’Hôtel-Gare Viger qui fermera ses portes en 1935, aussi chez Kerhulu, restaurant haut de gamme, rue Saint-Denis, coin Sainte-Catherine, en face de l’ancienne Université de Montréal. Déjà à cette époque, il s’adonnait à la composition, publiant dès 1912, à l’âge de 23 ans, de nombreuses pièces pour piano, dont une mazurka et des valses selon la mode du temps, aux noms féminins, "Fleurette", "Bonita" et "Denise" publiées dans la revue musicale «Le Passe-Temps». Celle-ci à nouveau en 1947 publiera quatre danses de folklore dont deux "Danses Campagnardes", une "Ronde Rurale" et le "Quadrille de Caraquet", ce dernier en hommage aux Acadiens.

La revue musicale «La Lyre» publiera en 1926, une Romance pour violon ou violoncelle. D’autres compositions, dont un "Pizzicato-Caprice", une "Pastorale Tyrolienne", une petite suite «Frisettes et bigoudis» s’ajouteront à son répertoire au cours des ans, musique qu’il interprétera avec son ensemble des Ménestrels à l’émission radiophonique du Réveil-Rural. Pendant la crise économique de 1929, grâce à un cousin, maître de chapelle, Alphonse Perreault, il jouera aux messes de mariage à l’église italienne Notre-Dame-de-la-Défense, dans le nord de la métropole, et ce pour la somme de deux dollars du mariage. À son répertoire les "Ave Maria" de Gounod et Schubert, le "Panis Angelicus" de César Franck et quelques autres pièces d’inspiration religieuse.

À cette époque de crise également, pendant quelques étés, Omer Dumas au violon, accompagné de quelques musiciens, présentera de la musique de concert et populaire, les dimanches après-midi au restaurant du Parc Lafontaine. La vie n’était pas facile, particulièrement pour les musiciens, il ajoutera à son travail, la vente des produits Raleigh pour subvenir aux besoins de la famille.

En 1939, on le retrouve à Radio-Canada qui renoue avec le folklore, avec les Ménestrels, premier groupe de 6 à 8 musiciens professionnels à jouer ce qu’on appelle aujourd’hui de la musique «trad». Les anciens se rappelleront de Léo Lesieur au piano, Saturno Gentiletti à l’accordéon, Americo Funaro à la guitare, Armand Bastien au violon, Roger Charbonneau (le père de Louis, le timbaliste de l’Orchestre Symphonique de Montréal) et son neveu Jean Dansereau, à la contrebasse. À ces musiciens, s’ajouteront à l’occasion, deux musiciens de l’Orchestre Symphonique de Montréal, Marcel Baillargeon à la flûte et Napoléon Dansereau, son beau-frère, au violoncelle. Les frères Morin, Aldor, Oscar et Edgar se joindront à l’occasion aux Ménestrels. Omer Dumas et ses Ménestrels ont enregistré chez RCA Victor, étiquette Blue Bird, plus de 35 «78 tours», reels, polkas, valses, quadrilles et paul-jones, que l’on retrouvera plus tard gravés sur 4 microsillons «33 tours». Martin Duchesne de Fonovox, mettra sur le marché un disque compact d’Omer Dumas et ses Ménestrels en 1997, disque composé de musique de folklore, et de musique classique légère des compositions de M. Dumas et des chansons de folklore de sa conjointe Mariette Vaillant.

La troupe a par la suite donné des spectacles en tournée, au Québec, en Acadie, en Ontario et dans les centres francophones de l’Ouest canadien. Les humoristes Ti-Gus (Réal Béland, père) et Ti-Mousse (Denise Émond) ont commencé leur carrière dans la troupe des Ménestrels. Mariette Vaillant, l’épouse d’Omer Dumas, d’origine belge, a participé aux spectacles à titre de chanteuse de chansons françaises et de folklore. Son répertoire comprenait les succès de Rina Ketti, Lys Gauty et Lucienne Boyer. Le «Romancero» de Marius Barbeau et les «Chansons Populaires» d’Ernest Gagnon lui fournissaient leurs plus belles mélodies de folklore. Auparavant, le couple Dumas-Vaillant avait accompagné l’accordéoniste Tommy Duchesne en tournée pendant deux étés.

En 2007, Martin Duchesne de la compagnie de disques XX1-21 a mis sur le marché un DC dédié à Omer Dumas et Mariette Vaillant. Un livret de 24 pages avec photos, inclus dans le CD, raconte un peu leur histoire. Un accordéoniste de folklore réputé, Philippe Bruneau, lui a dédié une de ses compositions intitulée «Hommage à Omer Dumas» en 2006. Cette pièce a été enregistrée par l’accordéoniste Yves Hélie sur le disque compact «Dans tous les cantons». Un deuxième disque d’Omer Dumas et ses Ménestrels (XXI-21) a été lancé lors du 15e Festival de l’Association Québécoise des Loisirs Folkloriques (AQLF) à l’occasion de l’hommage qui lui a été rendu dans la soirée du 25 octobre 2008, à la Cité des Jeunes à Vaudreuil-Dorion.

On retrouve des notes biographiques d’Omer Dumas dans :
a) l’Encyclopédie de la musique au Canada publié chez Fides;
b) Les pionniers du disque folklorique au Québec, de Gabriel Labbé chez Aurore et VLB, magnifique volume de ce grand folkloriste décédé en 2008;
c) Le dictionnaire «La Mémoire du Québec» de Jean Cournoyer, chez Stanké.

Omer Dumas et son épouse Mariette Vaillant, décédée en 1993 à l’âge de 91 ans, sont tous deux inhumés dans le cimetière de la paroisse Saint-Canut de Mirabel. Ils ont eu quatre enfants qui leur survivent, André, Maurice, Francine et Claude; même avec un certain talent, aucun d’eux n’a voulu embrasser la carrière musicale de leur père.

(Biographie publiée avec l'aimable autorisation de M. Maurice Dumas, fils d'Omer Dumas)

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