Nicole Martin

( 1949 - )

Auteure, compositrice, interprète, animatrice, réalisatrice et productrice.

Nicole Martin débute en 1963 à l'âge de 14 ans, comme chanteuse et animatrice dans les clubs de Québec, après avoir étudié le piano, l'accordéon, les percussions et autres instruments de musique pendant dix ans. À compter de 1965, elle s'associe au vibraphoniste Frédéric Boudreau (duo «Nicole et Frédéric») et, travaillant ensemble pendant cinq ans, ils endisquent une série de 45 tours en 1967 et 1968 ainsi qu'un album en 1969. En 1970, le duo se sépare et Nicole rencontre le chanteur et producteur Tony Roman qui la transforme en Zerra, un personnage étrange qui chante du rock à la Janis Joplin. Zerra est maquillée outrageusement, coiffée comme une tigresse, et avec ses allures de chasseresse psychédélique à la tête en délire, elle entre nu-pieds sur les scènes des arénas et de l'Autostade de Montréal et chante «California» de Robert Charlebois, puis du Joplin et du Joe Cocker... et ce en première partie de, notamment, Johnny Winters et Procol Harum. Elle endisque même quelques titres, mais Zerra ne passe pas auprès du public. Elle est simplement arrivée trop tôt. Plus tard, d'autres artistes féminines très colorées et créatives telles qu'Emmanuëlle et la grande Diane Dufresne prendront la relève.

En 1971, Nicole Martin fait la rencontre du producteur Yves Martin qui lui fait signer un contrat et enregistrer un premier album solo. Entourée de bons auteurs-compositeurs dont Pierre Létourneau, elle accumule les succès sur disques entre 1972 et 1976 avec les chansons «La première nuit d'amour», «Une photo de toi», «Tout tourne et tout bouge», «Je n'partirai plus», «Tes yeux», «Je t'oublierai», «Jimmy Jimmy», «Tant pis» et «Oui paraît-il». Puis, elle s'associe à Jimmy Bond le temps d'un album lancé en 1974 («Les coeurs n'ont pas de fenêtres») et, en juillet de cette même année, Nicole Martin se rend en France afin de participer au Festival de la Rose d'Or d'Antibes où elle y récolte un prix d'interprétation avec sa belle chanson «Ce serait dommage». Cet événement marque la fin de sa relation professionnelle avec Jimmy Bond, dont la carrière en pâtira par la suite. En 1976, elle s'entoure d'une toute nouvelle équipe constituée entre autre d'Angelo Finaldi, de Hovaness (Johnny) Hagopian et de Germain Gauthier, qui viennent se rajouter à Yves Martin et à Pierre Létourneau. Elle fait paraître l'album «L'hymne à l'amour» qui contient les succès «Tu n'peux pas t'figurer», «Il suffit» et surtout «Au nom de l'amour» ainsi que son unique collaboration avec Luc Plamondon («Avez-vous vu mon chum?») et sa belle chanson du poète acadien Calixte Duguay, «Les aboiteaux». Elle consolide ses contacts en France et s'entoure de grands noms, dont Francis Lai, Jean Musy et Eddy Marnay. Avec eux, elle travaille à Paris et lance deux albums superbes. Le premier, «Je lui dirai», paraît en février 1977 et contient dix chansons qui deviennent toutes des classiques de son répertoire (notamment «Rien n'est impossible», «Cet enfant de toi», «La fin du monde» et «Quand on s'en va le coeur oublie»). Le deuxième, «Ne t'en va pas», lancé celui-là au printemps 1978, obtient un égal succès. Au faîte de sa gloire, Nicole Martin s'envole pour le Japon en novembre 1977 afin de participer cette fois au Yamaha World Popular Song Festival à Tokyo où elle décroche les grands honneurs avec la magnifique chanson «Bonsoir tristesse». Après une tournée au Japon, la chanteuse, qui est plus populaire que jamais, revient au Québec pour donner de nombreux récitals au Grand Théâtre de Québec et à la Place des Arts de Montréal, en 1978, 1979 et 1981.

L'année 1979 est particulièrement chargée pour Nicole Martin. Elle participe à la toute première soirée du Gala de l'ADISQ afin d'y interpréter le pot-pourri des chansons finalistes et fait paraître les microsillons «Laisse-moi partir», «Collection d'Or» et un disque de Noël qui va s'écouler à plus de 250,000 copies. L'année suivante, Yves Martin décède à l'âge de 32 ans et, devenue orpheline de producteur, Nicole décide de continuer sa route et de se produire elle-même. Elle enregistre sous son étiquette deux albums ambitieux avec plus de 80 musiciens, des disques plus rock, plus rythmés que ce qu'elle avait fait auparavant («Laissez-moi chanter», 1980, et «Une affaire de coeur», 1982) et elle collabore alors avec André Gagnon, Gilles Valiquette, Mouffe, Daniel Mercure et Pierre Bertrand, ainsi qu'avec Stéphane Venne qui lui signe l'une de ses plus belles chansons, «Il était une fois des gens heureux» (1981), qui devient la chanson thème du film «Les Plouffe» de Gilles Carle.

Entre 1983 et 1987, Nicole Martin lance sur le marché plusieurs albums et connait un beau succès grâce à la chanson «Je l'aime» (1984) de Guy Trépanier qu'elle chante en duo avec Martine St-Clair. Elle est alors plusieurs fois nominée à l'A.D.I.S.Q., rend hommage à Jacques Brel («Quand on a que l'amour», «Ne me quitte pas») et participe à la Fondation Québec-Afrique en chantant dans le projet collectif «Les yeux de la faim» en 1985. Elle signe elle-même quelques chansons de cette période, dont «Le rock du samedi soir» et «Pars», une chanson qui traite du grave sujet des femmes battues. Claude Léveillée s'intéresse à elle et lui écrit de très belles chansons avec la collaboration de Pierre Létourneau, dont «Mon père et ma mère», «On s'aimera» et «Il est en nous l'amour». Elle travaille aussi avec Alain Morisod («Amoureusement») et Robert Leroux («L'amour avec toi» et «Je t'aime autant qu'avant»). En 1986, elle anime le variété «En chansons», suivi de l'émission «Showbizz» au Réseau TVA. Nicole Martin et son conjoint, le producteur Lee Abbott, fondent la maison de disques «Les Disques Diva Inc.» en 1988 et produisent et réalisent tous les albums de Michel Louvain et de Fernand Gignac, en plus des disques de Nicole elle-même (elle lance son premier DC en 1989). La chanteuse enregistre l'album «Le goût d'aimer» en 1991, puis lance «Un Noël d'amour» en 1993, et travaille à la réalisation des douze albums «Ce soir on danse!» et des quatre DC «Pour party seulement» de 1991 à l'an 2000. En 2001, Nicole Martin revient à son métier de chanteuse en faisant paraître ses plus grands succès sur deux DC et en revenant régulièrement à la télévision («Michel Jasmin», «La fureur», etc...). On la retrouve même en 2005, en caméo, dans le téléroman «Cover Girl» de la SRC.

(Biographie écrite par monsieur Donald Bilodeau jr.)


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