Julie Arel

(1947 - )

Auteure et interprète.

Julie Arel débute jeune dans le monde du spectacle québécois. Elle n'a pas vingt ans, en 1967, lorsqu'elle se lance dans le métier, en passant d'abord par la dure école des cabarets pour ensuite entreprendre les interminables tournées dans les grands hôtels du Québec, et cela afin de se faire connaître d'un plus large public. La chanteuse aura cette chance deux ans plus tard, en 1969, notamment grâce à l'animateur Jacques Normand qui accepte la candidature de la jeune dame qui désire participer au concours de chansons de l'émission "Le rideau s'ouvre". Aidée par son talent et sa détermination, Julie Arel décroche finalement la palme d'or de l'émission, ce qui lui permet d'être désormais plus présente qu'auparavant à la télévision. Sur scène, elle continue de donner de nombreux récitals, et elle participe aussi à la revue "Frissons" de Muriel Millard. Elle tarde cependant à se faire connaître sur disque et son premier 45 tours, paru chez Polydor en 1971 et intitulé "Le temps d'aimer", passe pratiquement inaperçu. De plus, en 1972, la chanteuse, qui vit avec un musicien de son orchestre, se retrouve enceinte. Heureuse d'avoir Justine, sa fille, mais se retrouvant seule pour l'élever, elle reprend pendant un an le chemin des pianos-bars afin de gagner sa croûte.

L'année 1973 sera l'année tant attendue pour Julie Arel, l'année du second souffle, l'année charnière aussi. Elle participe d'abord au Festival d'Athènes où elle remporte les grands honneurs avec son premier véritable succès, la magnifique chanson "Kamouraska" de Michel Conte, chanson basée sur le film "Kamouraska" d'après l'oeuvre d'Anne Hébert. Fière de ce prix, Julie Arel fait à son retour au Québec la rencontre de Diane Juster, alors jeune auteure-compositrice inconnue du public. Juster propose donc plusieurs chansons à Julie Arel, qui les accepte et les enregistre pour les inclure à son premier album. Ce dernier, qui s'intitule simplement "Julie Arel", paraît finalement à l'automne 1973 et comporte les titres suivants, tous issus de la plume de Diane Juster : "Soleil, soleil", "Qu'est-ce qui m'arrive ?", "Aimer pour vivre", "Désormais Dieu m'aidera" et "Quand tu partiras". Julie chante aussi Eddy Marnay ("Soleil qui danse") et Julien Clerc ("Ce n'est rien"), et les chansons "C'est trop facile" et "Mieux que personne" sont aussi de bons succès radiophoniques pour la chanteuse à la voix profonde, puissante et nuancée.

En 1974, Julie Arel entame une longue tournée au Québec et monte sur la scène de la Place des Arts de Montréal, puis chante dans plusieurs villes du Canada, et se rend au Festival de Spa en Belgique afin d'y représenter la Société Radio-Canada. Deux ans plus tard, en 1976, elle est à nouveau récipiendaire d'un premier prix au Festival international de la chanson Orphée d'or à Sofia, en Bulgarie. Cette année-là, Julie Arel signe un contrat avec la maison de disques Capitol et elle lance coup sur coup trois albums qui connaissent un très bon succès populaire. Elle travaille alors avec Claude Léveillée qui lui signe la chanson "Merci à toi", Luc Plamondon qui lui écrit "Pour vivre un grand amour" et Yves Lapierre qui lui compose deux titres : "L'après-midi" et "Dans ton auto". Elle chante aussi Jacques Michel ("Pour toi") et Marie-Paule Belle ("Wolfgang et moi"), puis interprète Barbra Streisand en français ("De rêves en rêveries" et "À nous deux", deux chansons du film "A Star is Born"). Entre 1976 et 1979, ses principaux succès sur disque sont "C'est bon", "Quand tu es là", "Heureusement que j'aime", "Avec toi mon amour", "Nous, ton père et moi", "Ton amour fou", "Si toi tu m'aimes", "Mon soleil à moi", "On finit toujours par se rejoindre" et le tube disco "Quand on est amoureux".

L'arrivée des années quatre-vingt amène du changement dans la vie ainsi que dans la carrière de Julie Arel. Après le lancement de deux compilations en 1981 et 1982, la chanteuse se retire pendant deux ans, et le milieu artistique québécois croit qu'elle a délaissé le métier pour de bon, sans toutefois savoir pourquoi. Puis, en 1984, elle refait surface avec un album entièrement écrit et composé par elle-même et intitulé "Des ténèbres à la lumière". Julie Arel prend alors tout le monde par surprise ! L'album est entièrement constitué de chansons d'inspiration religieuse et Julie affirme elle-même qu'après avoir fait le point sur sa vie et après un intense et long cheminement personnel, sa carrière sera désormais teintée de spiritualité. Elle se met donc à chanter Dieu, Jésus et la Bible, ainsi que l'amour universel et fraternel ("Rien n'est plus important qu'un ami"), mais les médias se moquent d'elle, et l'on va même jusqu'à la traiter de "Jesus Freak", ce qui a pour effet que la chanteuse perd la majeure partie de son public d'origine. Boycottée par la télévision et la radio, Julie Arel doit trouver une autre façon de présenter ses nouvelles chansons au grand public. Elle décide donc de se produire elle-même, et lance bien des années plus tard des collections de chants religieux qu'elle vend lors de ses récitals dans les églises. Ses nombreuses tournées l'amèneront jusqu'en Floride à l'an 2000 et elle enregistre même quelques titres en anglais dont la chanson "Listen to the silence" qui prouve bien que Julie n'a rien perdu de sa belle et puissante voix. Alors qu'on se le dise, l'interprète de "Kamouraska" ne reviendra jamais, et la nouvelle Julie Arel semble heureuse dans ce choix de vie. Il ne reste plus qu'à espérer maintenant que la maison Capitol se décide à rééditer en CD les succès de l'artiste, ce qui n'est toujours pas fait à ce jour (septembre 2006).

(Biographie écrite par monsieur Donald Bilodeau Jr.)

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