Gilles Rivard

(1949 - 1991)

Auteur, compositeur, interprète et dessinateur.

Le chanteur Gilles Rivard, né à Drummondville en 1949, connaît une enfance difficile et agitée. Considéré par les autorités comme étant un délinquant révolté, on le met à la porte de son école et le jeune Gilles passe son adolescence à Saint-Jean-sur-Richelieu où il découvre la musique en se produisant avec un groupe du nom de «Avantis». Il s’adonne aussi au dessin, qui devient rapidement une seconde passion pour lui. À l’âge de 20 ans, il se met à écrire ses propres chansons, mais ce n’est qu’en 1975 qu’il a l’opportunité d’enregistrer un premier album. Auparavant, il écrit la chanson «High but low» pour le groupe Offenbach et compose des musiques de films pour le cinéaste André Melançon.

En 1975 donc, sous étiquette «Sonogram», Gilles Rivard publie son premier album, intitulé «Impulsions». Si le disque n’est pas un succès, il permet quand même à l’artiste de se faire connaître dans le milieu. Gilles Rivard fait d’ailleurs la rencontre de Gilles Valiquette qui accepte de réaliser son second album pour le compte de CBS. Ce dernier voit le jour en 1977 et il apporte finalement le succès. Le premier extrait, «La tête en fête», connaît un succès immédiat, et tourne sans cesse à la radio. Le «style» Rivard se fait maintenant connaître; cette musique ensoleillée aux rythmes brésiliens qui respire l’air des îles du sud devient sa marque de commerce. L’année suivante, en 1978, Gilles lance un troisième microsillon, dont la chanson titre, «Quelle belle vie», devient sans contredit le plus grand succès du chanteur. D’autres titres se font remarquer entre 1977 et 1979 dont «L’homme musique», «Chanter danser», «Rêvasser» et «Sous les mots», paru en simple en 1979 dans le cas de ce dernier. Au sommet de sa popularité, Gilles Rivard en profite pour représenter le pays au Festival de Spa en Belgique de même que pour signer le thème de l’émission «Chez Denise» pour la Société Radio-Canada, thème qu’il interprète d’ailleurs lui-même.

En 1980, un changement de compagnie de disques qui aurait pu lui être fatal tourne au beau. C’est finalement avec un énorme succès qu'il fait paraître son quatrième album chez Kébec-Disc, en 1981, qui porte le titre agréable de «En couleurs». Cinq chansons de ce 33 tours deviennent des succès radiophoniques : «Partir», «Vivre seul», «Je reviens», «Entre parenthèses» et l’entraînante «Ça va, ça va Brasilia». Gilles Rivard est alors l’un des artistes qui tourne le plus souvent à la radio, et il donne plusieurs spectacles au Québec tout au long de l’année 1981, dont 80 spectacles à l’été de cette année-là, en première partie de son ami, l’humoriste Pierre Labelle. En 1983, il maintient sa popularité sur disque avec un cinquième opus, «De l’autre côté de la saison des pluies». La chanson «Une femme» et un long pot-pourri de ses grands succès constituent les deux grands moments du disque, mais Gilles a d’autres idées en tête, et la musique se fait doucement supplanter par le dessin dans le coeur de l’artiste dès 1984. En effet, depuis 1980, il travaille aux aventures de son petit personnage de Guenillou dans la bande dessinée «Les aventures de la Planète Guenille», ce qu’il fera presqu’à plein temps après 1984.

Gilles Rivard lance toutefois un dernier album en 1985, intitulé «En coulisses», mais les nouvelles technologies et les synthétiseurs ne conviennent plus au chanteur qui délaisse finalement la musique dès 1986. Par la suite, il concentre ses énergies dans la littérature pour les jeunes, mais on a tôt fait d’apprendre qu’il est très malade et atteint d’un cancer. C’est donc bien prématurément, en novembre 1991, à l’âge de 42 ans, que nous quitte Gilles Rivard. Il nous faudra ensuite attendre quinze ans après le décès de l’artiste avant d’avoir enfin droit à une première compilation sur DC. «Quelle belle vie» paraît en mai 2006 et regroupe une belle sélection des grands succès d’un artiste trop vite disparu et en fin de compte plutôt méconnu. Lui, justement, qui nous disait pourtant si bien «quelle belle vie»...

(Biographie écrite par Donald Bilodeau Jr.)

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