Emmanuëlle

( 1942 - )

Auteure et interprète.

Née Ginette Massé.

Emmanuëlle fait ses études à l’école de musique Vincent-d’Indy (Montréal) dans le but de devenir une chanteuse classique. Dotée d’une voix juste et puissante, elle avait tout pour réussir dans ce domaine, mais voilà qu’une rencontre avec le parolier Luc Plamondon en 1972 change le cours de sa carrière. Ce dernier lui propose des chansons populaires et il lui écrit, sur une musique de François Dompierre, son premier succès («Emmène-moi vers le soleil», 1972). La gloire est déjà proche et la chanteuse s’envole pour le Japon afin de représenter le Canada au "Yamaha World Popular Song Festival" à Tokyo en 1972, puis pour la Belgique au "Festival de Spa" en 1973. Cette année-là, Emmanuëlle fait la rencontre de l’auteur-compositeur Stéphane Venne, l’un des grands artistes de talent du Québec qui travaille déjà depuis un moment avec Renée Claude et Isabelle Pierre. Stéphane Venne est charmé par le talent de la chanteuse et il lui écrit la quasi totalité des chansons de son album «Le monde à l’envers» (1973), qu’il produit sur sa propre compagnie "Les Disques Solset". Les succès sont nombreux sur le disque, et Emmanuëlle est rapidement propulsée au rang des grandes vedettes québécoises. Parmi les succès, il faut retenir les chansons suivantes : «Et c’est pas fini», «Le monde à l’envers», «Ça commence doucement», «J’parle pu» et la chanson à saveur nationaliste «Parle-moi de notre pays», ainsi qu’une belle interprétation de la chanson de Véronique Sanson :«Amoureuse».

En 1974, toujours en collaboration avec Stéphane Venne, elle lance l’album «Chanter pour vivre» qui, outre la chanson-titre, contient les succès «J’t’avais fait une chanson», «Le reel facile», «Mariage d'amour», «L’idée de t’aimer» et «On y arrivera», ainsi que le classique de Gilles Vigneault «Gros Pierre». Au sommet de sa popularité, elle fait la Place des Arts de Montréal et part en tournée au Québec durant l’année 1974. Elle se rend aussi en Grèce pour représenter son pays au Festival d’Athènes. L’année suivante, en 1975, un autre album est lancé sur le marché, toujours sous la direction de Venne, mais cette fois-ci, Emmanuëlle y met sa touche personnelle et signe elle-même la chanson «Ma chanson». Sur le 33 tours se retrouvent les succès «Les chansons d’autrefois», «Si t’aimes pas ta vie», «Mourir dans ton lit», «Un homme, une femme et la vérité», «Pas tout de suite, pas maintenant» et «Donne-moi l’heure juste». Une double compilation de ses succès paraît en 1976 au moment où elle est omniprésente au petit écran grâce aux publicités des magasins La Baie dont elle devient la représentante publicitaire pendant quelques années.

En 1978, Emmanuëlle lance l’album «Je vous aime» dont la chanson-titre devient un très bon succès. La chanteuse travaille avec Diane Juster qui lui signe «J’ai le coeur d’une vagabonde», puis avec Jean Robitaille («Loin des yeux loin du coeur» et «Avec amour») et de nouveau avec Luc Plamondon («Ni chaud ni froid»). Elle remporte cette année-là un prix à Sofia au `"Festival International de la chanson bulgare Orphée d’or" et connaît un certain succès avec les titres «Je n’aime que toi», «C’pas dans cent ans» et «Quand tu es tout près de moi» (les deux derniers titres étant signés par Emmanuëlle elle-même), mais la chanteuse est épuisée par cet interminable sprint qui dure depuis presque dix ans, et elle décide de ralentir ses activités à partir de 1980. Ce n’est que cinq ans plus tard, après un long séjour en Italie, qu’Emmanuëlle revient à son métier avec les chansons «Que pour l’amour» et «Bravo les clowns» (1985), sans toutefois retrouver le succès d’antan. La chanteuse devient restauratrice dans le joli village de Saint-Sauveur-des-Monts dans les Laurentides et étant la propriétaire des lieux, elle en profite pour donner des soupers-spectacles qui plaisent au public. Elle lance une compilation CD en 1993 en y incluant quelques unes de ses nouvelles compositions personnelles («Ça c'est fort» et «Qu'est-ce que je fais?»). Elle fait paraître une autre compilation, plus complète celle-là, en 1999. Emmanuëlle refait l’actualité alors que sa chanson fétiche «Et c’est pas fini» devient le thème du premier Star Académie du Québec en 2003. Elle redonne alors quelques spectacles et en profite pour réapparaître à la télévision et se rappeler à nos bons souvenirs. La chaîne «Musimax» lui consacre même un spécial d’une heure racontant la carrière de cette artiste souriante et enjouée qui a finalement su marquer le pays avec ses interprétations très québécoises de chansons d’espoir et de liberté.

(Biographie écrite par Donald Bilodeau Jr.)

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