Frida Boccara

(1940 - 1996)

Interprète et productrice.

Frida Boccara avait tout pour être une chanteuse internationale. Elle est de nationalité française, née à Casablanca au Maroc (le 29 octobre 1940) et issue d’une famille juive qui origine de l’Italie ! Il n’en faut pas plus pour donner à l’artiste le goût du voyage, ce qu’elle aura d’ailleurs...

Frida débute donc très jeune dans le métier. Après ses études, elle fait du chant classique à Paris et chante dans un trio qu’elle constitue avec son frère pianiste et sa soeur, Lina Boccara, qui deviendra par la suite une précieuse collaboratrice tout au long de la carrière de la chanteuse. En 1960, elle participe au "Festival de la Rose d’Or d’Antibes" où elle se fait remarquer une première fois. Elle fait alors deux rencontres déterminantes : celle du parolier Eddy Marnay d’abord, qui deviendra non seulement un grand ami pour Frida mais aussi celui qui en fera sa muse, ainsi que Buck Ram, imprésario de la formation américaine The Platters, qui lui permet de s’orienter vers une carrière internationale. Entre 1961 et 1967, elle lance une série de 45 tours et obtient du succès avec les chansons «Cherbourg avait raison», «Autrefois», «Johnny Guitare» et «Le ciel du port». Elle participe alors à de nombreux concours de la chanson (Festival de San Remo en 1964, à nouveau la Rose d’Or d’Antibes en 1965, Festival de Sofia en Bulgarie en 1967, etc.) et se fait rapidement connaître en Russie et dans tous les pays de l’Est où elle devient une vedette, ainsi qu’en Espagne où elle fait paraître de nombreux 45 tours dans la langue du pays. Elle lance en 1968 son premier album sous étiquette «Festival», disque qui est en fait une compilation de quelques chansons provenant des 45 tours déjà sur le marché.

Puis arrive l’année 1969 et avec elle, l’année de tous les succès pour Frida Boccara. Elle signe un contrat chez «Philips» et lance l’album «Un jour, un enfant» qui ne contient pratiquement que des succès ! Cette année-là, elle devient très populaire dans tous les pays francophones, particulièrement au Québec où elle restera fort appréciée par la suite. On retient alors les titres suivants : «Les moulins de mon coeur», «Cent mille chansons», «L’enfant aux cymbales», «Un pays pour nous», «Belle du Luxembourg» et, bien sûr, la chanson «Un jour, un enfant» qui permet à Frida de remporter le «Grand Prix du Concours Eurovision» alors qu’elle représente la France à Madrid, en Espagne. L’année suivante, en 1970, la chanteuse lance un autre album qui connaît la faveur du public ; «Au pays de l’arbre blanc» contient, entre autre, «Les quatre chemins de l’amour» et «La croix, l’étoile et le croissant», ainsi que la chanson «Un jour on vit», écrite par Eddy Marnay sur une musique de Michel Legrand. En 1971, les honneurs continuent de pleuvoir sur Frida, qui reçoit le premier prix du «Festival de Mexico» avec sa populaire chanson «Pour vivre ensemble» ainsi qu’un autre prix au Festival d’Utrecht pour son titre «Un soleil d’amour». Elle chante aussi, cette année-là, la chanson thème du film «Anonimo Veneziano» («Venise va mourir») et part en tournée mondiale, laquelle tournée amène Frida au Québec où elle enregistre ce qui sera son seul album "live" francophone, le double 33 tours «Place des Arts 1971», disque qui sera réédité en DC 35 ans plus tard. En 1972, l’artiste publie l’album «Rossini et Beaumarchais» sur lequel on retrouve les chansons «Berceuse pour Luciana», «Le Whisky de papa» et «Mille fontaines». Elle repart ensuite en tournée mondiale pendant deux ans.

Frida Boccara revient aux studios d’enregistrement en 1975 pour lancer un album culte intitulé «Oriundi». Le disque, entièrement produit par Frida elle-même, est le résultat d’un long travail avec Eddy Marnay, qui signe encore une fois tous les textes, ainsi qu’avec Lina Boccara et Jean-Michel Braque qui composent les musiques. Sur cet album-concept qui se veut universel de par ses thèmes rassembleurs, Frida en profite pour glisser dans le disque une chanson dédiée à son fils nouvellement né, Tristan Boccara, qui deviendra auteur et chanteur au début des années 2000. Frida élève seule son fils (c’est la raison pour laquelle il porte le nom de sa mère), tout en continuant par la suite de graver des albums et de donner des concerts. Elle lance en 1976 le microsillon «Valdemosa» sur lequel elle collabore encore et toujours avec sa soeur Lina et son ami Eddy, mais aussi cette fois avec Didier Barbelivien («Le roman de ma vie») et le compositeur Jean-Pierre Goussaud («Trouver mon père» et «Valdemosa»). En 1977, elle se rend en Australie pour une longue tournée qu’elle immortalise sur un double album, et publie en 1978 le superbe 33 tours «L’année où Piccoli...», disque entièrement constitué d’adaptations en chansons de morceaux de musique classique. «L’année où Piccoli... jouait "Les Choses de la Vie"», «Les enfants de Mozart», «Ma rivière» et «Un sourire au-delà du ciel» obtiennent un bon succès, et l’auteur Claude Lemesle se joint à Marnay pour l’écriture des textes. Le succès étant au rendez-vous, Frida lance en 1979 un autre album du même style, «Un monde en sarabande», avec à présent la complicité de l’imposante chorale "De Mastreechter Staar". Elle lance enfin en 1980 «Un enfant de France» et «Écrit dans la pierre» et tente de représenter la France encore une fois à l’Eurovision de 1981 avec la chanson «Voilà comment je t’aime», mais le rôle revient finalement au chanteur Jean Gabilou.

Hormis la publication de quelques 45 tours (dont «Dis-leur» en 1983 et «Aime-moi» en 1984), Frida Boccara s’absente de la scène et du disque pendant quelques années afin de veiller à l’éducation de son fils Tristan. La chanteuse rencontre aussi quelques problèmes de santé, mais ses fans de partout la réclament et elle ne peut s’empêcher d’effectuer un retour fort remarqué, retour qui s’effectue en 1988. C’est particulièrement au Québec qu’elle brille encore, là où son album «Témoin de mon amour» se rend rapidement en première position des meilleures ventes. Les extraits «Témoin de mon amour», «J’ai traversé la pluie» et «Oublier» ainsi que sa reprise de «L’année où Piccoli...» sont de bons succès radiophoniques, et la chanteuse est de tous les variétés télévisés. L’année suivante, en 1989, elle lance sa première compilation sur DC, mais elle disparaît aussitôt de la vie publique encore une fois à cause de divers problèmes de santé. Elle nous quitte quelques années plus tard, le 1er août 1996, à l’âge de 55 ans, des suites d’une infection pulmonaire. Depuis ce temps, le producteur Yvon Chateigner et Lina Boccara s’activent tous les deux à rééditer la carrière de Frida sur DC, carrière de celle qui a su au fil des ans porter la chanson française sur toutes les scènes du monde. Frida, dont on retiendra chez elle la voix puissante et vibrante comme un violoncelle et le sourire incomparable, nous fera toujours un sourire au-delà du ciel...

(Biographie écrite par Donald Bilodeau Jr.)

Retour à la section de Frida Boccara


Retour à l'accueil du parolier